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Rapport au Parlement 2002
Avant-propos
Si la politique en faveur de la langue française est une constante de
l'action gouvernementale, elle n'en doit pas moins faire l'objet d'une aussi
constante vigilance, d'une volonté sans faille. Elle doit sans cesse évoluer, se
rénover, se moderniser pour garder son efficacité.
C'est dans cet esprit que je lui assigne quatre priorités, largement
retracées dans la communication sur la diversité culturelle présentée en Conseil
des ministres, le 29 août, par le ministre de la culture et de la communication
; la promotion de la langue française et celle de la diversité culturelle sont
en effet deux causes étroitement solidaires.
Ces priorités sont les suivantes :
- assurer sur notre territoire la primauté du français, langue de la
République. L'État doit montrer l'exemple. Je signerai prochainement une
circulaire rappelant les responsabilités particulières incombant aux agents
publics en ce qui concerne l'emploi de la langue française. Un effort doit
également être accompli pour rendre le langage administratif plus accessible
aux usagers, en particulier à ceux qui sont en situation vulnérable. Le
travail important réalisé en ce sens par le comité d'orientation pour la
simplification du langage administratif sera amplifié ;
- faire de la maîtrise du français et de la lutte contre l'illettrisme un
objectif essentiel de l'action gouvernementale, en posant la connaissance de
la langue française comme un facteur déterminant de l'insertion sociale et
culturelle. Atteindre ces objectifs exige une coordination efficace de
l'action de l'État et des organismes qui interviennent dans ces domaines ;
- veiller à la pérennité des langues régionales, qui constituent un élément
important et vivant de notre patrimoine national. Le ministère de la culture
et de la communication engagera avec le ministère de la jeunesse, de
l'éducation nationale et de la recherche ainsi qu'avec les collectivités
locales une réflexion approfondie sur ce sujet. Il tiendra en 2003 des Assises
nationales des langues de France, visant à proposer une politique répartissant
les rôles entre les différents partenaires, et notamment entre l'État et les
régions ;
- réaffirmer la place du français sur la scène internationale. Je souhaite
que le statut de langue officielle du français dans les organisations
internationales soit pleinement respecté. Les ministères des affaires
étrangères et de la culture et de la communication renforceront leur action
conjointe pour que le prochain élargissement de l'Union européenne constitue
un facteur de diffusion et non d'effacement de notre langue en Europe. En
outre, afin de favoriser le plurilinguisme, le Gouvernement veillera à
développer en France et à soutenir au niveau européen, l'apprentissage de deux
langues vivantes.
Dès mon discours de politique générale, le 3 juillet, je soulignais que "la
Marseillaise, le drapeau, la langue font partie de ce patrimoine auquel nous
sommes attachés". Je connais le lien qui unit nos concitoyens à la langue
française et à la francophonie. Je connais leur volonté de maintenir ce lien
vivant et de le renforcer. Cette volonté, le Gouvernement la partage et la
servira.
Jean-Pierre RAFFARIN
Premier ministre